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Inauguration du Mémorial Tibhirine

13 novembre 2009



PRÉFACE
Entre le 8 mai 1994 et le 1er août 1996, 19 religieux et religieuses catholiques furent assassinés en Algérie.
Frère Henri Vergès, Frère Mariste /+ 8 mai 94/
Sœur Paul- Hélène Saint–Raymond, Petite Sœur de l’Assomption /+ 8 mai 94/
Sœur Esther Paniagua Alonso, Sœur Augustine Missionnaire /+ 23 octobre 94/
Sœur Caridad Alvarez Martin, Sœur Augustine Missionnaire /+ 23 octobre 94/
Père Jean Chevillard, Père Blanc /+ 27 décembre 94/ Père Charles Deckers, Père Blanc /+ 27 décembre 94/ Père Christian Chessel, Père Blanc /+ 27 décembre 94/ Père Alain Dieulangard, Pere Blanc /+ 27 décembre 94/ Sœur Angèle- Marie (Jeanne Littlejohn), Sœur de Notre-Dame des Apôtres /+ 3 septembre 95/ Sœur Bibiane (Denise Leclercq), Sœur de Notre-Dame des Apôtres /+ 3 septembre 95/
Sœur Odette Prévost, Petite Sœur du Sacré-Cœur /+ 10 novembre 95/
Les 7 frères trappistes : /+ 21 mai 96/
Dom Christian de Chergé
Frère Luc Dochier Père Christophe Lebreton Frère Michel Fleury Père Bruno Lemarchand Père Célestin Ringeard Frère Paul Favre-Miville
Monseigneur Pierre Claverie, Évêque d’Oran /+ 1 août 96/
Tous ces frères et sœurs sont morts en martyrs mais, en donnant leur vie, ils nous ont confié un message et avec lui, la mission de le répandre.
Ils sont morts par fidélité à des amis. L’amitié n’est pas un amour unilatéral mais un amour partagé. Et effectivement leur amour a été partagé. Faut-il rappeler le point de départ de l’histoire algérienne de notre frère Christian de Chergé : le don que le garde-champêtre Mohamed fit de sa vie pour protéger Christian, menacé de mort par des fellagahs lors de la guerre d’Algérie ? Et la réponse que fit le même Mohamed à Christian qui l’assurait de sa prière: “Oh vous, les français, vous ne savez pas prier”. Si Christian revint en Algérie et à la Trappe de Tibhirine, ce fut justement par reconnaissance pour Mohamed. Et le Père Claverie ! Avec lui mourut Mohammed Bouchikhi, son jeune ami musulman qui lui servait de chauffeur pendant les vacances. Mohammed pressentait pourtant que cette amitié pourrait lui coûter la vie. La bombe qui les tua tous deux mélangea leurs corps, les unissant à jamais. Voilà pour quels amis nos frères et sœurs ont donné leur vie. Mais est-ce tout ? N’y a-t-il que ceux-là ? Dans son testament, Christian de Chergé s’adressant a son assassin l’appelle “l’ami de la dernière minute”. La mort du Christ, la mort des frères ne vont-elles pas en effet toucher l’assassin et le sauver, lui donner la grâce du repentir, faire surgir l’amitié ? Notre mémorial veut être un monument élevé à la gloire de l’amitié entre chrétiens et musulmans, et qui plus est , entre tous les hommes quelle que soit leur religion. Que Dieu nous exauce !
Père Jacques- Emmanuel, Supérieur

Le jeune Mahommed Bouchikhi était conscient du danger que lui faisait courir son amitié pour Monseigneur Pierre Claverie, l’Évêque d’Oran.
Peu avant l’explosion qui les tua tous les deux et les unit à jamais, Mohammed écrivait dans son carnet de souvenirs le texte suivant que l’on peut considérer comme son testament :
« Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux.
Avant de lever mon stylo, je vous dis : La Paix soit avec vous. Je remercie celui qui va lire mon carnet de souvenirs, et je dis à chacun de ceux que j’ai connus dans ma vie que je les remercie. Je dis qu’ils seront récompensés par Dieu au dernier jour. Adieu à celui qui me pardonnera au jour du jugement ; et celui à qui j’aurai fait du mal, qu’il me pardonne. Pardon à celui qui aurait entendu de ma bouche une parole méchante, et je demande à tous mes amis de me pardonner en raison de ma jeunesse. Mais, en ce jour où je vous écris, je me souviens de ce que j’ai fait de bien dans ma vie. Que Dieu, dans sa toute-puissance, fasse que je Lui sois soumis et qu’Il m’accorde sa tendresse. »
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