Horaire des Offices

 
Semaine
 
Dimanches et Solennités
 
 
 
 
Vigiles
4 h 00
  Vigiles
4 h 00
Laudes
7 h 00
  Laudes
7 h 30
Messe
7 h 30
  Tierce
9 h 15
Tierce
9 h 15
  Messe
10 h 30
Sexte
12 h 15
  Sexte
12 h 15
None
14 h 15
  None
14 h 15
Vêpres
18 h 00
  Vêpres
18 h 00
Complies
20 h 00
  Complies
20 h 00

 

Les offices sont de nouveau accessibles. Compte-tenu des consignes sanitaires actuelles, merci de veiller à garder à l'église une distance de 2m entre chaque personne. Les membres d'une même famille peuvent rester ensemble. Le port du masque est recommandé.

Quelques chants liturgiques...

Le chœur de la communauté d'Aiguebelle

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  • "Donner sa vie" - T. : Didier Rimaud - M. : Marcel Godard
  • "Exulte de toutes tes forces" - T. : AELF - M. : Aiguebelle
  • "Salve" - M. : Mélodie cistercienne

 

Vendredi 13ème semaine du T.O.

Vendredi, 1 Juillet 2022

Jalons pour une esthétique de la liturgie de François CASSINGENA-TRÉVEDY

La liturgie construit, structure l'espace en même temps qu'elle le sacralise, de sorte que l'apogée de l'ordre architectural représente aussi l'apogée de la sacralisation. Ce génie ordonnateur de l'espace, propre à la liturgie, fait déjà son apparition dans l'Écriture, et de façon très appuyée, avec les stipulations minutieuses de Yahvé quant à la construction de la Tente, puis du Temple ; avec la « Torah » d’Ézéchiel. Dans tous ces textes on ne nous fait grâce ni d'une coudée ni d'une palme : toutes les cotes sont méticuleusement indiquées et lorsque l'on en vient à la Jérusalem céleste, on y voit encore des anges arpenteurs et géomètres. L'Esprit divin, serait-il aussi Esprit de géométrie ? Toutes ces manies, toutes ces tracasseries d'architecte en tout cas ne sauraient manquer de bonnes raisons ni nous laisser indifférents. Dieu ne se rencontre pas dans le chaos, selon qu'il l'a dit lui-même : "Je n'ai pas dit à la race de Jacob : Cherchez-Moi dans le chaos !". La création physique elle-même, premier lieu de rencontre avec Dieu, est déjà un espace construit, orienté, réparti.

Aussi, dans l'exercice de sa fonction cultuelle, l'Église oriente, latéralise, délimite, circonscrit, sépare. Mais il ne s'agit pas seulement d'une question d'espace. Pratique, réaliste, parce que sujet de l'agir sacramentel, l'Église touche à tous les éléments du monde : elle y met la main pour leur faire exprimer ce qui les dépasse, pour leur faire annoncer ce qui ne se voit pas encore. À la suite du Christ, elle fait de toute matière sa matière. À l'ordre implicite et latent du cosmos, elle en substitue un autre ou, plus exactement, elle mène à sa plénitude de signification l'ordre intentionnel qui y existe déjà. La liturgie met bel et bien ordre au monde sensible et matériel ; elle l'assume exhaustivement, avec une générosité, un enthousiasme sans pareil. Il lui faut de l'eau, du vin, du pain, du sel, de la cendre, de la cire, de la lumière, du feu et que sais-je encore. Tout est convoqué. Tout sert. Rien de plus frappant à cet égard, de plus emblématique, que la liturgie de la Dédicace où l'on asperge, où l'on met le feu, où l'on manie la truelle. Il y a dans la liturgie chrétienne une incomparable puissance d'assomption qui ne fait que traduire concrètement, du reste, l'optimisme foncier du christianisme sur la matière. La liturgie inaugure un ciel nouveau et une terre nouvelle. Elle réclame la collaboration de tous nos sens : elle est visuelle, auditive, olfactive, tactile. Elle met à contribution la musique, les parfums, les luminaires, la chorégraphie et l'art floral. Elle fait concerter selon une intention divine les sensibles propres à chacun de nos sens et se nourrit de toute beauté qu'elle trouve au monde : elle tient en somme à la fois de la synesthésie et de la photosynthèse.

Paul nous dit que "toute la création jusqu'à ce jour gémit en travail d'enfantement". De quoi est-elle en mal ? De sa finalité. La liturgie, précisément, manifeste à la création sa finalité, en anticipe l'accomplissement et, par conséquent, libère la création. Dans la célébration liturgique à laquelle elle est appelée tout entière à collaborer, la création atteint son but. Les éléments du monde ne font pas simplement figure décorative, adventice, accessoire : ils deviennent coliturges. Quel serait autrement le sens de ces psaumes cosmiques que nous récitons chaque jour, comme le couronnement des laudes ? La liturgie détermine un espace ouvert dans lequel le cosmos entier peut étrenner son office doxologique, celui-là même qui sera le sien lorsqu'il aura été pleinement renouvelé dans le Christ. Ce n'est pas l'homme seulement, ici, qui est à la louange de la gloire de Dieu, mais, solidaire de lui, toute la création.

 

 

Lecture d'un autre jour à partir du calendrier liturgique...

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