Saint Padre Pio

Mercredi, 23 Septembre 2020

Padre Pio de Joachim BOUFLET

Padre Pio regardait les hommes comme ses frères rachetés par le sacrifice du Christ, quand bien même ils l’ignoraient ou ne le voulaient savoir. Il brûlait tout à la fois de leur rappeler la bonne nouvelle du salut et de coopérer, autant qu’il le pouvait, à cette rédemption qu’ils avaient perdue de vue, engoncés qu’ils étaient dans la routine des jours, dans les soucis matériels.
La grande affaire du salut des âmes ! C’était celle de Jésus, ce devait être la sienne. Il savait depuis toujours que la rédemption s’est réalisée sur la croix, que le Seigneur qu’il aimait était un Dieu crucifié ; il savait que les âmes qu’il voulait aimer de toutes ses forces avaient été rachetées sur la croix. Parce qu’il aimait le Sauveur et parce qu’il aimait les âmes, il aimait la croix
"Je souffre, et souffre beaucoup, écrivait-il, mais grâce au bon Jésus, je sens qu’il me reste encore quelque force ; et de quoi ne serait capable la créature qu’aide Jésus ? Je ne désire pas que la croix se fasse moins pesante, parce qu’il m’est cher de souffrir avec Jésus : lorsque je contemple la croix sur les épaules de Jésus, je me sens toujours plus réconforté, et j’exulte d’une sainte joie".
Non pas qu’il fût le moins du monde enclin au masochisme. Il mesurait l’âpreté de la souffrance, il en éprouvait l’horreur jusque dans sa chair, son être entier y répugnait : "J’ai un grand désir de souffrir pour l’amour de Jésus. Alors comment se fait-il que dans l’épreuve je cherche, contre ma volonté, du soulagement ? Comme je dois me forcer, me faire violence en ces épreuves pour réduire au silence la nature – appelons-la ainsi –, qui réclame à grands cris d’être réconfortée. Je voudrais ne pas connaître cette lutte : elle me fait souvent pleurer comme un enfant, parce qu’il me semble manquer d’amour pour Dieu et ne pas correspondre à son amour".
Chez lui l’amour était plus fort que les craintes, la compassion l’emportait sur toute autre considération : "Si je sais qu’une personne est affligée, que ce soit dans son âme ou dans son corps, que ne ferais-je auprès du Seigneur pour la voir délivrée de ses maux ? Volontiers je prendrais sur moi toutes ses afflictions, pour la voir partir soulagée, et je lui céderais de surcroît le fruit de mes souffrances, si le Seigneur le permettait.
Incapable de détacher son regard de Jésus et des âmes, il découvrait dans l’oraison le sens de ses souffrances, en méditant la Parole de Dieu : "Que jamais je ne me glorifie, sinon dans la croix de notre Seigneur Jésus-Christ, qui a fait du monde un crucifié pour moi et de moi un crucifié pour le monde". Être crucifié pour le monde, sur la croix du Christ, telle était sa joie, parce qu’il rejoignait celui-ci dans son acte rédempteur même. Il savait que la Passion salvifique de Jésus n’était point close et que le Christ est en agonie jusqu’à la fin des temps. Il savait que la croix est une réalité actuelle et non seulement un point dans le temps, qu’elle enveloppe l’éternité. Il savait que chacun de nous est rejoint, où qu’il se trouve dans l’histoire, par le Sauveur se livrant pour lui. Très tôt, il a perçu que celui-ci l’appelait à coopérer à son œuvre rédemptrice, à prendre sa part de la croix, la croix du plus grand amour.
Très souvent Jésus fit entendre sa voix à son cœur : "Mon fils, c’est dans la douleur que l’on connaît l’amour, tu l’éprouveras au plus intime de ton esprit, et davantage encore dans ton corps".

 

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