Mardi 7ème semaine de Pâques

Mardi, 18 Mai 2021

Sermons de Saint AELRED DE RIEVAULX

Depuis l’origine, "l’Esprit du Seigneur a rempli l’univers", contenant tout, soutenant tout, ordonnant et disposant tout. Au Père qui est appelé de manière spéciale "Puissance", revient la totalité des êtres et leur existence. Au Fils qui est "Sagesse", leur beauté et leur forme. A l’Esprit, la bonté de la divine Sagesse, de les ordonner et de les sanctifier.
Selon le premier de ces deux rôles, l’ordonnance des créatures, "l’Esprit du Seigneur a rempli l’univers", le pénétrant d’un bout à l’autre, disposant tout avec force et douceur. Mais en ce qui concerne leur sanctification, c’est à partir de ce jour et par la suite, que "l’Esprit du Seigneur a rempli l’univers". Aujourd’hui, en effet, ce doux Esprit a été envoyé à toute créature par le Père et par le Fils, pour la sanctifier, et cela par un arrangement tout nouveau, d’une manière toute nouvelle, par l’efficacité nouvelle de l’Esprit et la manifestation de sa puissance. Car auparavant "l’Esprit n’avait pas été donné, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié". Mais aujourd’hui, venant du trône céleste, il s’offre aux mortels avec une telle richesse, une telle prodigalité, que sur toute l’étendue de la terre, ce baume divin se répand en dons divers de grâces spirituelles.
Et c’est à juste titre que, pour nous, cette plénitude de délices a coulé de ce ciel qui, il y a quelques jours, a reçu de notre terre fertile un fruit d’une saveur merveilleuse. Notre terre a-t-elle produit un fruit plus doux, plus suave, plus savoureux, plus saint ? "La Vérité, en effet, est sortie de la terre". Il y a quelques jours, nous avions envoyé ce fruit avant nous au royaume des cieux et il est devenu Germe du Seigneur dans la magnificence et la gloire, et fruit sublime de notre terre, de telle sorte que nous possédions sans envie ce que le ciel a de plus doux.
Toute la douceur de la terre, c’est l’humanité du Christ ; toute la douceur du ciel, c’est l’Esprit du Christ. Il s’est donc produit le plus salutaire des échanges : l’humanité du Christ est alors montée au ciel, et l’Esprit du Christ est descendu aujourd’hui sur nous. Voilà bien l’huile d’onction qui "descend sur la barbe d’Aaron et de là, sur le bord de son vêtement" ! La tête, c’est le Christ, le Christ souverain prêtre, notre Grand-prêtre ; là se trouve la plénitude de ce parfum, car "en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité". De là, elle découle sur la barbe. La barbe se voit aux alentours de la bouche et de la gorge, par où nous voulons faire connaître les secrets de notre cœur. Telle était bien la sainte assemblée des Apôtres et des disciples du Christ qui se sont développés autour de ses lèvres, puisant à cette source de sa poitrine très sainte les flots des célestes secrets, et goûtant comme est doux le Seigneur, comme est heureux celui qui espère en lui.
Mais cette onction de l’Esprit ne descend pas sur la seule barbe d’Aaron ; elle descend aussi sur le bord de son vêtement. Son vêtement, c’est toute la multitude des fidèles qui, répandue sur toute la terre, prend part à cette très sainte onction et s’écrie, ravie de joie : "Ton nom est un parfum qui se répand ! " Quel pays, en effet, quelle île, quel recoin de terre où l’on ne respire l’agréable parfum de cette onction ? Oui, vraiment, "l’Esprit du Seigneur a rempli l’univers, et lui qui tient unies toutes choses, il sait ce qui se dit ! "

 

Lecture d'un autre jour à partir du calendrier liturgique...

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