Lundi 27ème semaine du T.O.

Lundi, 3 Octobre 2022

Règle de SAINT AUGUSTIN

Avant tout, frères très chers, aimons Dieu, aimons le prochain : ce sont les commandements qui nous sont donnés en premier.

Et voici mes prescriptions sur votre manière de vivre dans le monastère.

Tout d'abord, pourquoi êtes-vous réunis sinon pour habiter ensemble dans l'unanimité, ne faisant qu'un cœur et qu'une âme en Dieu. 

Ne dites pas « ceci m'appartient » ; mais que, pour vous, tout soit en commun. Que votre supérieur distribue à chacun le vivre et le couvert non pas selon un principe d'égalité ni vos forces ni vos santés ne sont égales mais bien plutôt selon les besoins de chacun. Lisez en effet les Actes des Apôtres : pour eux tout était en commun, et l'on distribuait à chacun selon son besoin. 

Ceux qui possédaient quelque chose quand ils sont entrés au monastère doivent accepter volontiers que tout cela soit désormais commun. Ceux qui n'avaient rien n'ont pas à chercher dans le monastère ce qu'au dehors ils n'avaient pu posséder. Qu'on leur donne toutefois ce que requiert leur mauvaise santé, même si auparavant leur pauvreté les empêchait de se procurer le nécessaire.

Mais alors qu'ils ne félicitent pas d'avoir trouvé vivre et couvert, qu'ils n'auraient pu trouver tels au dehors ! Qu'ils n'aillent pas orgueilleusement tête haute parce qu'ils ont désormais pour compagnons des gens qu'auparavant ils n'auraient pas osé approcher : que leur cœur plutôt s’élève, sans chercher les vanités de la terre. Les monastères n'auraient d'utilité que pour les riches et non pour les pauvres, s'ils devenaient lieu d'humble abaissement pour les premiers, d'enflure pour les autres.

De leur côté ceux qui étaient antérieurement des gens considérés ne seront pas dédaigneux à l'égard de leurs frères venus de la pauvreté dans cette société sainte. S'ils cherchent à se glorifier, que ce ne soit pas de la richesse et du prestige de leur parenté, mais bien plutôt d'habiter en compagnie de frères pauvres. Qu'ils ne se vantent pas d'avoir tant soit peu contribué de leur fortune à la vie commune ; avoir distribué leurs richesses dans le monastère ne devrait pas leur causer plus d'orgueil que d'en jouir dans le monde. Tout autre vice se déploie en faisant faire le mal ; mais l'orgueil, lui, s'attaque même au bien que l'on fait, pour le réduire à néant. À quoi sert de distribuer ses biens aux pauvres, de se faire pauvre soi-même, si l'âme dans sa misère devient plus orgueilleuse de mépriser les richesses qu'elle ne l'était de les posséder ?

Vivez donc tous dans l'unanimité et la concorde, et honorez mutuellement en vous Dieu, dont vous avez été faits les temples.

 

 

Lecture d'un autre jour à partir du calendrier liturgique...

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